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Iran (2018)
Persépolis…
Persépolis est un nom qui résonne dans l’imaginaire de chacun. Certes par l’importance de la ville à l’époque Achéménide, mais aussi grâce aux cérémonies fastueuses, avec des parades historiques en tenue d’époque Achéménide, qui se sont déroulées pendant trois jours en 1971 à Persépolis, à l’occasion de la célébration des 2 500 ans de la monarchie. Le shah Mohammed Reza Pahlavi convie alors la plupart des chefs d'État du monde, souverains, ou présidents, etc. à séjourner dans un village de tentes à côté du site archéologique.
Mais cela diffuse aussi dans le monde entier des images de Persépolis.
Située à environ 60 km de Shiraz, Persépolis est la seule cité royale Achéménide à offrir des vestiges importants. On a longtemps cru qu'elle n’était qu’une capitale symbolique, uniquement destinée à la célébration du Nouvel An. Les nouvelles découvertes archéologiques ont nuancé ou corrigé ces idées. Persépolis fut également un centre économique et administratif.
La construction de Persépolis a été inaugurée par Darius 1er (-522 à -486), inspirée par Ahura Mazda. Sous le règne de Xerxés 1er (-486 à -465) puis d’Artaxersès 1er (-465 à -424) des édifices et des décors sont terminés ou construits. Jusqu’à la conquête d’Alexandre, leurs successeurs ajoutent ou modifient le complexe.
En – 330, Alexandre le Grand conquiert le palais et s’empare d’un trésor inouï. Le conquérant fait incendier le palais : geste politique adressé à la population et aux élites perses.
Le style architectural est une synthèse originale de bas-reliefs assyriens, de salles hypostyles iraniennes, de colonnes ioniennes, de linteaux de bois phéniciens et de portes monumentales babyloniennes. Il faut relever quelques ruines par l’imagination : les bas-reliefs que nous voyons aujourd’hui gris étaient peints de couleurs vives et incrustés de pierres précieuses.

On accède à la cité royale par deux escaliers monumentaux à double volée (petites marches pour les chevaux).
A l’entrée, la « Porte des Nations » (N sur le plan) est décorée de taureaux ailés à tête humaine d’inspiration assyrienne. Une allée rectiligne est ponctuée par des niches, dans lesquelles se seraient tenus des gardes.
Il y aurait une différence de niveaux et de chemins pour les personnes royales, les nobles perses et mèdes, les peuples perses et mèdes, les peuples assujettis (qui passeraient par la « Porte de tous les Peuples »).
Commencée par Xerxès 1er qui en fit sa salle du trône, la Salle aux Cent Colonnes (en rose sur le plan) est annoncée par des taureaux monumentaux. De forme carrée, (4800 m2), elle possède dix rangées de dix colonnes, dont il ne reste que des bases.
Des portes ouest de la Salle aux Cent Colonnes, on peut accéder à l’Apadana ou salle du trône (en bleu foncé sur le plan). Commencée par Darius 1er et terminée par Xerxès 1er, cette vaste salle possédait également un plafond soutenu par de hautes colonnes, dont seules quelques-unes sont encore debout.
Sur le mur est de l’Apadana (3 sur le plan), de part et d’autre d’un double escalier en saillie, des bas-reliefs représentent les délégués de 23 peuples soumis au roi Achéménide, des guerriers perses, des dignitaires et des serviteurs. Les délégations des peuples de l’empire sont représentées avec leurs habits traditionnels, apportant au roi des rois des présents typiques de leur région. Un Arbre de vie stylisé sépare chaque ambassade, menée par un huissier tantôt perse (avec une coiffe cannelée) tantôt mède (avec une calotte).
A droite de l’escalier, des guerriers alignés, les Immortels, ont été sculptés sur trois registres.
Aux extrémités gauche et droite du mur, un lion attaque un taureau, un motif sculpté à plusieurs reprises à Persépolis sa signification peut être royale (victoire du roi sur le mal et/ou astrologique (triomphe de la nouvelle année sur l’ancienne, du jour sur la nuit). Certains l’interprètent aussi comme le triomphe du lion perse sur le taureau assyrien.
Au sud de l’Apadana, en allant vers les palais privés, des représentations ont été sculptées sur les embrasures : le roi sous un dais accompagné par deux serviteurs, le roi sur un trône, soutenu par les représentants des pays et dominé par un disque ailé anthropomorphique, symbole de Ahura Mazda.
Parmi les palais privés, celui de Darius 1er (palais D sur le plan) est le mieux conservé. Les parties ascendantes de l’escalier sud représentent des Mèdes et Arachosiens apportant animaux, jarres et outres. Il s’agit probablement de prêtres venant de lieux saints zoroastriens en Arachosie (actuellement Baloutchistan = Sud de l’Afghanistan), et qui portent le nécessaire pour des cérémonies.
Surplombant la cité royale, deux tombaux ont été creusés dans le flanc de la montagne ceux d’Artaxerxès II et Artaxerxès III.
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