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Le jardin persan et le qanat
Le jardin persan
Le jardin est un élément fondamental de la culture iranienne, présent dans toutes les formes artistiques : le tapis, les tissus, la peinture et en particulier la miniature. Son rôle est, depuis toujours, de procurer une relaxation spirituelle et récréative. C’est essentiellement un paradis sur terre.
Le terme évocateur de paradis se retrouve pour la première fois en - 362 chez Xénophon pour désigner des jardins que le roi de Perse Cyrus le Grand ordonnait de retrouver partout où le menaient ses voyages.
(Le terme paradis est issu d'une langue très ancienne, l'iranien avestique dans laquelle pairidaēza, signifie enceinte royale ou nobiliaire. Le terme se transmet ensuite au persan (pardēz, voulant dire enclos), puis au grec ancien παράδεισος (« paradeisos » signifiant un parc clos où se trouvent des animaux sauvages) pour aboutir enfin au latin chrétien (paradisus).)
C’est à l’époque des rois Achéménides que le jardin devint, pour la première fois, l’élément central de l’architecture.
Dans la création du jardin persan, la lumière du soleil et l’eau représentent les éléments essentiels. L’ombrage est garanti par les arbres et les treilles.
Les arbres étaient souvent plantés dans un fossé appelé joub, ce qui réduisait l’évaporation de l’eau et permettait à cette dernière d’atteindre plus rapidement les racines. Le cyprès, l’arbre iranien par excellence, le platane, et toutes sortes d’arbres fruitiers, en particulier le grenadier, et souvent des vignes sont les arbres traditionnellement plantés dans les jardins iraniens. Les fleurs, en particulier des arbustes tels que le rosier et le lilas, font également partie des éléments constitutifs des jardins.
Le plan du jardin persan est très géométrique. Généralement, un bassin est édifié au milieu du jardin, à l’intersection des rigoles à tracés réguliers qui acheminent l’eau. Construit avec une légère pente, le bassin, une fois rempli, laisse l’eau s’écouler à l’extérieur. Les bassins iraniens ont deux caractéristiques typiques : une margelle à l’intérieur du bassin et tout autour de la bordure, qui permet aux gens de s’y asseoir tout en mettant leurs jambes à l’intérieur de l’eau pour se rafraîchir ; un petit canal entourant le bassin à l’extérieur de celui-ci et servant de trop-plein.
Le jardin persan parfait : le Taj Mahal...
Jardin persan et non jardin en Perse…. Puisque le plus bel exemple de jardin persan est celui du Taj Mahal…
En effet, le plan des jardins du Taj Mahal est inspiré des jardins iraniens, plan appelé "Tchahâr Bagh". Tchahar Bagh est un jardin coupé en quatre parties égales par deux allées entrecroisées. Chacun de ces carrés est de nouveau coupé trois fois, par des allées secondaires, en quatre parties égales. Un petit bassin d’eau a été élevé à l’endroit où les deux allées principales s’entrecroisent. Les deux allées principales sont de plus divisées en sept parties égales par des promenades secondaires. Le long de ces allées, des ruisseaux bordés d’étroits chemins, dont le pavé est composé de petits cailloux polis, ont été creusés. Une pelouse de gazon entoure cet espace. On accède à l’édifice par des jardins fermés d’une enceinte rectangulaire percée d’un imposant portail.


Sur cette fgure, un plan ancien confirme l'existence d'arbres dans le jardin du taj Mahal.... avant que les Anglais ne favorisent le gazon....
Et l'eau, d'où vient-elle ?
En ce qui concerne l’eau, une sorte de tunnel souterrain appelé qanât est utilisé pour irriguer le jardin et ses alentours. Des structures semblables à des puits sont ensuite connectées au qanât, permettant ainsi de ramener l’eau à la surface.
Probablement vers le premier millénaire avant JC soit bien avant l'établissement de l'Empire Achéménide, les agriculteurs, aidés de quelques mineurs, mirent au point cette technique des galeries drainantes qui est utilisée encore aujourd'hui (depuis au moins trois mille ans !).
L'occupation visa tout d'abord les cônes de déjection et les éboulis de piémont, là où les eaux de précipitation ou de ruissellement s'infiltraient très rapidement, par conséquent la notion d'eau souterraine était du domaine de l'observation directe. Puis en remontant vers la montagne, les agriculteurs suivirent l’arrivée de l’eau. Alors, se plaça l'intervention du mineur : un premier puits à la verticale fut pratiqué pour rejoindre le canal à la surface. Après ce premier puits, on continua à remonter vers l'amont de l'écoulement, en faisant un nouveau puits, et en poursuivant tant que le travail était possible, en général assez loin, puisque l'eau s'écoule par la galerie déjà construite.
Tous ces qanats, partant d'un point assez éloigné du versant abrupt de la montagne, se dirigent toujours vers celle-ci. Le qanat avait une partie drainante en amont, une partie adductrice en aval.
Pour réaliser ces qanats, il fallait résoudre une série de problèmes techniques, et les solutions en ont été toujours très ingénieuses. Il fallait assurer la position de chaque nouveau puits à l'aplomb de la galerie, fixer la pente, la maintenir régulière. Enfin se posaient des problèmes de nivellement, pour calculer si le niveau de l'eau obtenu dans le puits d'essai en amont assurerait l'écoulement jusqu'au point choisi pour débouché.
Il existe des qanats très courts : à peine quelques centaines de mètres, surtout dans les lits majeurs de certaines grandes vallées. Généralement les qanats ont plusieurs kilomètres de long, certains, près de la ville de Yazd, dépassent quarante-trois kilomètres, soit plus de deux fois le Simplon.
Le débit total des qanats, en Iran seulement, est estimé par les autorités, et par les différents auteurs, entre 500 et 750 mètres-cubes seconde, soit le débit de la Garonne à Bordeaux, le tiers du débit d'étiage du Nil au Caire. Et la totalité de ce débit est utilisée, répartie dans une très grande partie du pays.

Pour aller plus loin :
Jardin persan : http://www.teheran.ir/spip.php?article2091#gsc.tab=0
Taj Mahal : http://www.teheran.ir/spip.php?article775#gsc.tab=0
Qanat : http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1963_num_18_3_421011
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