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Norvège (2017)
Le Spitzberg
Après avoir quitté le bateau à Tromso, nous nous envolons vers le Spitzberg pour nous approcher du Pôle Nord. La latitude à Tromso est 69° 39' et celle de Longyearbyen, "capitale" du Spitzberg est 78° 13', donc nettement plus au Nord.
Le Spitzberg est l'île principale de l'archipel du Svalbard. La ville a été crée en 1906 pour exploiter le charbon, alors que depuis des siècles, des trappeurs, des pêcheurs exploitaient les richesses de la faune, terrestre et marine.
C'est un territoire norvégien autonome et démilitarisé, dont le statut est fixé par le traité du Spitzberg du 9 février 1920. La Norvège récupéra l'administration du Spitzberg en 1925. Cependant, selon les termes de ce traité, les citoyens de divers pays ont le droit d'exploiter les ressources naturelles « sur un pied d'égalité absolu ». En conséquence, un établissement russe permanent, plus ou moins autonome, s'est développé à Barentsburg. Les Russes ont abandonné un établissement similaire à Pyramiden en 2000. Il fut un temps où la population russe du Spitzberg dépassait considérablement la population norvégienne, mais ce n'est plus le cas désormais.
Le Svalbard fut le théâtre d'une lutte méconnue entre le Troisième Reich et les Alliés pour l'implantation de stations météorologiques lors de la Seconde Guerre mondiale. Et pendant la guerre froide, les Russes entraient facilement officiellement au Svalbard, même si le Parti Communiste triait minutieusement ceux qu'il envoyait dans les "villes" russes.
Actuellement, les résidents sont souvent jeunes, de nationalités diverses, avec souvent un intérêt pour l'écologie, pour la vie marine.
Une promenade (assez rapide...) dans la petite ville de Longyearbyen a souligné les difficultés d'approvisionnement (tout doit être importé), les spécificités des maisons (en bois, sur pilotis au dessus du permafrost, de la neige), le caractère récent de l'abandon des mines de charbon, la hauteur du soleil de minuit (avec en corollaire une nuit de 4 mois)... La température nous a semblé froide, un peu en dessous de zéro, même si elle est adoucie par les répercussions du Gulf Stream.
Longyearbyen est un petit port au bord d'un très grand fjord, l'Isfjorden. Durant notre premier jour au Spitzberg, nous avons fait une promenade en bateau, en allant jusqu'au fond du fjord. Les paysages étaient superbes, très calmes avec un aspect bleuté des glaciers se jettant dans le fjord. Relativement peu d'animaux, quelques falaises couvertes d'oiseaux. Au fond du fjord, le bateau s'est frayé un chemin en brisant une fine couche de glace jusqu'au rivage près de Pyramiden. C'était le premier jour de 2017 où il était possible de débarquer à Pyramiden.
Cette ville était donc une ville minière russe, où les ouvriers et leurs familles bénéficiaient d'un confort inhabituel pour l'époque soviétique, avec une surveillance cependant très minutieuse. Les mines ont été abandonnées en 2000, quasi tous les résidents russes rapatriés. Cependant la Russie garde 7 personnes pour "garder" la ville... et lui maintenir son caractère russe. La visite de cette ville, qui semble avoir été abandonnée rapidement, en laissant de multiples vestiges de la "grande époque soviétique" est très particulière et donne l'impression d'une remontée dans le temps plus importante qu'une vingtaine d'années.
Pendant la deuxième journée, le temps était magnifique et le ciel très souvent complètement bleu. Pour la deuxième promenade en bateau, nous sommes sortis du fjord et avons navigué à l'ouest du Spitzberg, près de l'île du Prince Charles, vers de petites îles qui servent souvent de refuges aux morses.
Notre guide était une jeune femme blonde... qui gardait constamment son fusil avec elle. En effet, dans le Svalbard, on se promène toujours avec un fusil pour pouvoir faire peur à un éventuel ours polaire. Ceux-ci surprennent toujours les humains à l'improviste et la peur est au rendez-vous.... Nous n'en avons pas vu et pas non plus de baleines. Cependant, les journeaux locaux font état de rencontres imprévues avec les ours, qui laissent de forts souvenirs aux humains.
Après de longues heures de bateau, nous avons débarqué (avec de petis zodiacs) pour nous approcher des morses. Vraiment, ce ne sont pas de beaux animaux. Lourds, lents, avec des défenses qui les enlaidissent...Un peu moins laids quand ils jouent dans l'eau... Mais impressionnants quand ils forment un troupeau resserré... Là aussi, on n'aimerait pas être trop près....
Après un diner bien norvégien (c'était le 3e au Svalbard et c'est là que les spécialités ont été le plus dépaysantes).... nous avons repris le chemin des oiseaux migrateurs vers le sud et Paris...
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